Interview de Thomas, directeur conseil
Ce mois-ci, coup de projecteur sur Thomas Veyne, notre directeur conseil.
Arrivé chez Novius il y a 10 ans après un parcours d'entrepreneur du web, il a gravi les échelons de chef de projet à directeur conseil. Thomas partage avec nous son parcours, son exigence sur la qualité et sa vision du digital de demain !
Thomas, tu es chez Novius depuis 10 ans. Raconte nous ton parcours ?
Tout part d'une passion d'enfance : Nintendo. Avec un copain, on avait créé un site d'actualité sur les jeux et consoles de la marque, Puissance Nintendo (https://www.p-nintendo.com/), lancé au début des années 2000. Les anciens se souviendront de l’époque de Netscape Navigator, Dreamweaver et MSN Messenger :-).
Ce site m'a donné envie de faire du web, et logiquement je pars faire des études dans le domaine : un DUT puis une licence pro « mulitmedia », le nom qu'on donnait à tout ce qui touchait à Internet (et au CD-ROM !) entre 2004 et 2007. Pour élargir mes compétences, je termine avec une école de commerce en marketing.
On monte alors une société pour pérenniser le site, avec des revenus publicitaires, et petit à petit, l'activité bascule vers la création de sites pour des clients. Petite structure, donc je touche à tout : développement, maquettes, gestion clients, administratif... Ce que j'adore, déjà à l'époque : imaginer les sites.
En 2013, l'opportunité se présente de rejoindre une agence lyonnaise en tant que chef de projet. J'y reste 3 ans, avant de poser mes valises chez Novius… où ça fait donc 10 ans cette année ! J'y ai d'abord été chef de projet pendant plusieurs années, et je suis maintenant directeur conseil.
Comment expliquerais-tu le métier de directeur conseil à quelqu’un qui ne connaît pas vraiment ?
C'est une extension du métier de chef de projet. Je garde d'ailleurs cette casquette, pour rester au contact des clients et des projets, pour ne jamais perdre le fil du terrain.
Le directeur conseil a deux rôles principaux : épauler les chefs de projet en interne sur des problématiques précises, et intervenir en avant-vente pour proposer les solutions et dispositifs les plus pertinents.
Ce que j'adore dans ce rôle, c'est d'apporter des réponses ultra concrètes. Pas de bullshit, juste du concret. Avec l'expérience, je sais ce qui marche et ce qui ne marche pas, et ça aide vraiment à bien conseiller.
Une semaine sans surprise chez toi, ça existe ?
Non ! On peut avoir l'agenda le plus carré du monde, il y aura toujours un imprévu, une nouvelle demande, un nouveau projet qui débarque. Ça stimule, ça fatigue parfois, mais c'est exactement ce qui me motive à me lever chaque matin.
C'est quoi le type de projet qui te donne envie de te lever le matin ? Ou quelle mission ?
La force de notre agence, c'est qu'elle touche à tous les domaines et secteurs d'activité. Mais ce qui m'anime le plus, ce sont les applications métier, les extranets ou les middle-office : des interfaces pensées pour répondre à des problématiques précises, avec des règles métiers complexes, des process à fluidifier, des synchronisations techniques à orchestrer.
Et surtout, j'adore creuser le besoin d'un client, tirer le fil au maximum, comprendre son métier et ses enjeux (parfois flous au départ) pour lui apporter la solution la plus judicieuse possible.
Comment sais-tu qu'un projet est vraiment bien cadré avant de démarrer ?
Avant la phase de conception, un projet n'est jamais vraiment cadré. C'est cette phase qui permet de partir d'un cahier des charges, d'un besoin exprimé avec les mots du client, pour le traduire concrètement en interface web ou application.
Une phase passionnante : on détaille chaque élément, chaque interaction, chaque synchronisation, chaque règle métier. On ouvre toutes les portes, puis on les ferme une par une. Un travail parfois titanesque, mais qui débouche sur un document de spécifications fonctionnelles et techniques, accompagné de maquettes.
Et là, il y a ce moment que j'adore : celui où on se dit que ça y est, on maîtrise le périmètre à 100%, et qu'on peut lancer les développements !
Tu fais face à un client qui a tort mais qui est convaincu d'avoir raison, comment gères-tu ?
Calmement. Je reprends les éléments factuellement, avec des exemples concrets, sans jamais chercher à avoir raison à tout prix. Je me mets aussi à sa place : il a souvent de bonnes raisons de penser ce qu'il pense, même si le résultat n'est pas le bon.
Et c'est là que c'est intéressant : on a toujours quelque chose à apprendre du point de vue du client. Parfois, c'est même lui qui nous ouvre les yeux sur un angle qu'on n'avait pas vu.
L'exigence sur la qualité, c'est une valeur que tu t'es fixée ou quelque chose qui vient naturellement ?
Je crois que c'est dans les gènes, ça vient de mon père : faire parfaitement bien, ou tout refaire. C'est un curseur difficile à tenir, on tombe vite dans la sur-qualité. Mais au fond, ça oblige à donner le meilleur, et à être résilient et patient.
Tu es un grand fan d'Apple, est-ce que cette philosophie du produit bien pensé se retrouve dans ta façon d'aborder les projets ?
Oui, clairement. Ce que j'aime chez Apple, c'est le souci du détail, même sur des choses a priori invisibles, celles où on pourrait se dire « ce n'est pas grave si c'est bâclé ». Non. Il faut prendre soin de ce que voit le client final, l'utilisateur (le front office), de ce que le client utilise au quotidien (le back-office), et du code, pour la pérennité du projet.
Pour moi, il n'y a pas de détail inutile, que ce soit dans une interface, un document ou une simple réponse à un client.
Tu utilises l’IA comme un outil du quotidien. Comment cela a changé ta façon de travailler ?
Considérablement. On gagne du temps sur l'analyse de données (des données brutes de GA4 par exemple), sur la synthèse ou la rédaction, mais surtout sur le prototypage avancé. On peut tester des idées, et ça, j'adore : une variante A, une variante B, des pistes d'interface différentes... On va tellement plus loin en tellement moins de temps.
Ça ne remplace pas l'humain, au contraire : ça permet de proposer des choses encore meilleures aux clients.
Selon toi, à quoi ressemblera le web dans 5 ans ?
Le web existera toujours, mais sous quelle forme, impossible de le savoir précisément. Des sites vitrines ? Probablement, rien que pour nourrir les IA. Des sites e-commerce ? Oui, mais on achètera aussi via des LLM ou des agrégateurs. Des applications métier ? Toujours, et on pourra pousser encore plus loin les process, les automatisations.
Le web va évoluer, comme il l'a toujours fait.
En dehors du travail, qu'est-ce qui te ressource ?
« Se ressourcer » n'est peut-être pas le mot juste, mais ce qui compte le plus pour moi, c'est mes enfants et ma famille.
Des projets web la semaine, mais aussi des projets le week-end : j'adore faire des aménagements dans mon jardin, ou construire une cabane pour les enfants par exemple. Des projets, toujours des projets ;)