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Interview de Jérôme, président

 

Ce mois-ci, nous mettons en lumière Jérôme Daubresse, président de Novius.

Arrivé dans l'agence en 1999, il y a occupé presque tous les postes avant de prendre les rênes : développeur, graphiste, chef de projet, directeur commercial... 

Jérôme nous raconte son parcours, sa manière de diriger au quotidien ainsi que sa vision de l'IA et de l'avenir du digital !

Jérôme, peux-tu nous expliquer ce que tu faisais avant d’arriver chez Novius ?

Avant de rejoindre Novius, j’ai voulu monter ma propre activité de création d’images de synthèse pour les architectes. J’ai aussi été salarié dans une société de création de sites internet, Freenet. Je montais des sites avec des clients de la société. J'y ai appris les bases du web et surtout des normes typographiques. J'ai eu un collègue génial qui m'a beaucoup apporté.

Qu'est-ce qui t'a convaincu de rejoindre l'aventure en 1999 ?

Déjà, ils voulaient bien de moi :). 

Après, c'était tout petit et j'aimais cette proximité. Dès l'entretien d'embauche j'ai été très bien accueilli. J'avais quitté l'Île-de-France trois mois avant, je cherchais du travail, je me suis dit que j'allais bien voir et, 27 ans après, je suis toujours là.

Quel est ton parcours chez Novius ?

Je suis passé par beaucoup de postes : développeur HTML, développeur, graphiste, chef de projet, directeur de production, directeur commercial, et directeur. Quand je sentais qu'il y avait un manque, j'ai essayé de le combler.

Comment s'organise concrètement ton quotidien en tant que président ?

Mon quotidien est très varié, difficile de le résumer. 

J'ai l'habitude de dire que mon rôle est d'essayer de faire en sorte que tout le monde travaille bien ensemble pour nos clients. J'ai un rôle commercial en plus, bien sûr. 

C'est un rôle touche-à-tout qui me fait dire parfois que je ne sais pas faire grand-chose au bout du compte.

Qu'est-ce qui différencie Novius des autres agences digitales selon toi ?

Les autres sont forcément différentes parce que je n'y travaille pas.

Plus sérieusement, je me méfie des discours d'agences qui se disent uniques. Soyons honnêtes : des agences comme la nôtre, il y en a beaucoup, et on n'est pas « les plus » quelque chose. 

Ce que je préfère raconter, c'est 2002. À l'époque, Novius appartenait au groupe Ariane, et on aurait pu tout arrêter et abandonner nos clients avec. On a choisi de continuer en reprenant notre indépendance, parce qu'on se sentait responsables et qu'on avait envie de poursuivre le travail avec des gens qu'on appréciait. 

C'est ça, Novius : pas une agence unique, une agence qui poursuit sa mission.

À quoi es-tu attentif en priorité lors d'un recrutement ?

J'aime beaucoup les entretiens d'embauche. 

Je rencontre tous les candidats sélectionnés par les responsables de pôles. Alors, la seule question que je me pose est : « est-ce que je pourrais aller de Dunkerque à Marseille en mobylette avec la personne en face de moi ? ». 

Plus sérieusement, j'essaye de savoir si j'ai vraiment envie de travailler avec cette personne, pas seulement si elle est capable, mais si elle se sentira bien ici et si les collègues l'apprécieront.

Y a-t-il une conviction qui guide toutes tes décisions depuis le début ?

D’abord, l’envie d’avancer, de manière réfléchie et posée pour garantir la pérennité des projets qu’on mène avec nos clients, et celle de l’entreprise. Si en 2002 on a repris notre indépendance, c'était pour poursuivre le travail avec nos clients. Et ça, ça n'a jamais bougé. 

Ensuite, je pense être fidèle et j'essaye d'être juste.

En quoi l'IA te semble-t-elle vraiment différente des autres mutations du web ?

Parce qu'elle est très rapide et qu'elle touche à tout : à la façon dont on travaille, à l’équilibre de nos sociétés, et de la société. Elle nous oblige à tout repenser en profondeur, c’est un enjeu immense pour l’humanité. Elle est aussi excitante que terrifiante, et pour les mêmes raisons : ce qu’elle promet, et ce qu’elle permet. Parce qu'elle est incontournable et que l'être humain n'a pas le temps de la dompter tellement elle va vite.

Comment intègres-tu l'IA dans la stratégie de Novius ? Et quelle serait ta mise en garde face à cette évolution ?

Elle se situe à trois niveaux :

  • Une révolution dans les projets que l'on construit. Le champ des possibles s'élargit considérablement, on peut construire, pour nos clients, des projets plus ambitieux ;
  • Une modification en profondeur de notre travail et de notre manière de produire. On commence à comprendre que l'IA seule ne résout rien mais que, couplée à un bon professionnel, elle peut vraiment apporter de la qualité et de la sécurité ;
  • De nouveaux produits et services qu'on est en train de développer. De nouveaux terrains d'expression.

Quel pari ferais-tu aujourd'hui sur le futur du digital ?

Qu'il faudra être très fort mentalement pour suivre, et savoir garder des moments de relâche. 

Depuis 30 ans, on vit une accélération du travail qui s'amplifie d'année en année. Jusqu'où le cerveau humain sera-t-il capable de suivre ?
Et je pense que le digital ne doit plus être opposé aux autres « mondes ». Le digital est notre monde. Les cinq plus grosses capitalisations mondiales sont issues du monde digital. 

Se poser la question du futur du monde digital, c'est se poser la question de notre futur, tout simplement.

Le sport tient une grande place dans ta vie, retrouves-tu des parallèles avec ta façon de diriger Novius ?

C’est une question un peu bateau, on peut faire plein de parallèles, mais je préfère considérer le sport comme un parallèle nécessaire à ma vie professionnelle. J'ai besoin du sport pour vivre bien. 

Un truc quand même : je déteste perdre, j'aime encore mieux gagner, mais si la partie a été fair-play, je ne suis pas mauvais perdant.

En dehors de l’agence, qu’est ce qui t'anime au quotidien ?

Beaucoup trop de choses, et je n'en retirerais aucune. La famille et le reste. Le sport, sous toutes ses formes : le golf, la planche à voile, courir, la montagne à ski, à pied ou à vélo. La photo. Je lis tous les jours et je ne passe pas une journée sans écouter de la musique, toujours à essayer de découvrir. Le Carnaval de Dunkerque, aussi – ceux qui connaissent comprendront. La cuisine, pour les potes mais aussi juste pour nous. Et puis il y a les amis. On m'a dit un jour que j'étais quelqu'un de liant, et c'est sans doute vrai : un de mes plus grands plaisirs, c'est quand mes amis d'horizons différents se rencontrent, s'entendent bien et finissent par se voir sans moi.

J'entends des gens dire qu'ils ont peur de s'ennuyer à la retraite. J'ai bien peur que ça ne m'arrive jamais. Et pourtant, l'ennui est nécessaire pour créer de nouvelles choses.

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