Le plan du site : un outil de navigation souvent négligé
Le plan du site fait partie de ces éléments souvent oubliés lors de la création d'un site web. Pourtant, en plus de répondre aux exigences du RGAA en matière de navigation, il permet d’améliorer l'expérience utilisateur pour un certain nombre de vos utilisateurs !
Mais encore faut-il savoir comment le concevoir efficacement : quelles pages inclure, lesquelles exclure et comment le structurer pour qu'il soit réellement utile. Dans cet article, nous revenons sur son rôle, les bonnes pratiques à adopter et les erreurs les plus fréquentes à éviter.
Pourquoi intégrer un plan du site pour l'accessibilité ?
Ce que dit le RGAA sur les moyens de navigation
Le critère 12.1 du RGAA (Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité) définit que tout site web doit proposer au moins deux moyens de navigation parmi trois options reconnues :
- un menu de navigation ;
- un moteur de recherche interne ;
- un plan du site.
1. Le menu de navigation
Le menu de navigation est incontournable : tous les sites en ont un. C'est le repère principal de l'utilisateur pour se déplacer entre les rubriques et trouver son chemin. Sa présence est tellement systématique qu'elle va de soi.
Mais elle ne suffit pas à satisfaire le critère 12.1 du RGAA : un deuxième moyen de navigation reste obligatoire.
2. Le moteur de recherche
Le moteur de recherche n'est pas toujours pertinent ou disponible, notamment sur les sites de plus petite taille.
Il doit par ailleurs permettre d'atteindre toutes les pages du site pour être considéré comme conforme. Par exemple, sur un site e-commerce dont le moteur ne remonte que des produits, le moteur de recherche ne peut pas être retenu comme moyen de navigation au sens du RGAA.
3. Le plan du site
C'est là que le plan du site prend place : il constitue une alternative robuste, pérenne et simple à mettre en place, sans dépendance à un outil tiers ni coût de maintenance élevé. Il répond à lui seul au deuxième moyen de navigation exigé, à condition d'être correctement construit et accessible depuis toutes les pages.
Notre astuce pour tester la conformité du moteur de recherche comme moyen de navigation
Pour vérifier si votre moteur de recherche interne peut être retenu comme moyen de navigation au sens du RGAA, faites un test simple.
Tapez « mentions légales » ou « politique de confidentialité » dans le champ de recherche et répétez l'opération avec quelques pages utilitaires du même type.
Si le résultat remonte correctement, c'est que le moteur de recherche indexe correctement toutes les pages du site (en plus d'éventuellement aller chercher dans un catalogue produit en cas de site marchand). On peut alors valider ce deuxième moyen de validation.
Répondre à des besoins concrets d'accessibilité
Le plan du site est souvent perçu comme une formalité technique. En réalité, il répond à des besoins concrets pour plusieurs catégories d'utilisateurs.
Les utilisateurs de lecteurs d'écran en sont les premiers bénéficiaires. Parcourir un site page par page pour comprendre son architecture est coûteux en temps et en effort cognitif. Le plan du site offre une vision globale de l'arborescence en un seul endroit, sans avoir à explorer chaque rubrique.
Les navigateurs au clavier, des personnes en situation de handicap moteur ou des utilisateurs avancés, y trouvent un accès direct à une section précise, sans avoir à tabuler à travers l'ensemble des éléments interactifs qui précèdent leur destination et peu importe le maillage de votre site et de votre page d’accueil.
Enfin, tous les utilisateurs peuvent y avoir recours pour retrouver une page dont ils ne se souviennent plus du chemin, ou comprendre rapidement ce que propose un site.
Ce que doit contenir un bon plan du site
Les pages à inclure
Un plan du site n'est pas un doublon du menu de navigation. Son rôle est de présenter une vue exhaustive mais lisible de l'ensemble du site. Il contient :
- les pages structurantes : accueil, rubriques principales, sous-rubriques stables ;
- les pages utilitaires : contact, mentions légales, politique de confidentialité, déclaration d'accessibilité ;
- les sections fonctionnelles clés : espace client, formulaire de devis, inscription à une newsletter.
L'objectif est que l’utilisateur qui arrive sur le plan du site puisse comprendre l'intégralité de ce qui est proposé et atteindre n'importe quelle section en un clic.
Les pages à exclure
Certaines pages alourdissent le plan du site sans apporter de valeur réelle à l'utilisateur.
On peut donc exclure les pages suivantes :
- les articles et actualités individuels, dont le volume peut être très élevé ;
- les pages de résultats, de confirmation ou d'erreur (résultats de recherche, confirmation de commande, page 404) ;
- les pages trop proches ou dupliquées, comme les versions filtrées d'une même liste.
Exclure ces pages ne pénalise pas l'utilisateur, elles restent accessibles par d'autres chemins, mais allège considérablement la lecture du plan du site.
Le cas des rubriques dynamiques (blog, actualités)
Un blog actif peut contenir des centaines d'articles. Faire une liste exhaustive de tout le contenu serait contre-productif. La bonne approche consiste à inclure un lien vers la page (« Toutes nos actualités », « Notre blog ») qui centralise les contenus et les fonctions de filtrage.
Les catégories peuvent être mentionnées si elles sont peu nombreuses et stables dans le temps mais une catégorie qui change de nom ou disparaît régulièrement génère des liens obsolètes et fragilise la cohérence du plan du site.
Quelques exemples de plans de site bien réalisés
Service-public.fr structure son plan du site par grandes entrées thématiques (particuliers, professionnels, associations…), chacune déployant ses sous-rubriques principales. Les actualités sont mentionnées en une seule ligne avec un lien vers la page liste.
Ce site offre un modèle de lisibilité pour un site à très fort volume de contenu, où la hiérarchie est immédiatement compréhensible.
Legifrance.gouv.fr adopte une approche légèrement différente dans son plan du site : ses entrées principales sont accompagnées d'exemples représentatifs (codes majeurs, textes phares), avec un lien « voir tout » pour les rubriques à volume élevé. Cela donne une idée du contenu disponible sans en faire une liste exhaustive, mais avec un peu plus de profondeur que Service-public.fr.
Construire son plan du site de manière automatique ou manuelle ?
Deux approches coexistent pour générer un plan du site. Le choix dépend principalement de la taille du site, de la stabilité de son architecture et des ressources disponibles.
La génération automatique
Certains CMS comme WordPress proposent des extensions ou des fonctionnalités qui génèrent automatiquement le plan du site à partir de l'arborescence existante.
L’avantage : c'est une solution rapide, qui se met à jour sans intervention manuelle à chaque ajout de page. Elle convient bien aux sites à fort volume de contenu ou dont la structure évolue régulièrement.
L'inconvénient : le résultat est souvent trop exhaustif. Si l’outil est mal paramétré, il liste tout y compris les pages qu'il vaudrait mieux exclure et produit un plan du site difficile à lire, donc peu utile.
La construction manuelle
Sur un site à architecture stable et maîtrisée, construire le plan du site à la main reste la meilleure option.
L'avantage : elle permet de sélectionner précisément les pages à inclure, de contrôler la hiérarchie et de s'assurer que chaque lien est pertinent et à jour. Le résultat est structurellement plus propre et réellement adapté aux besoins des utilisateurs.
L'inconvénient : elle est plus coûteuse à maintenir dans le temps. Chaque évolution de l'architecture du site nécessite une mise à jour manuelle, ce qui suppose une rigueur régulière. Sur un site de taille moyenne à architecture stable, c'est pourtant souvent l'approche à privilégier.
Comment bien construire techniquement son plan du site ?
La structure HTML à adopter
Un plan du site accessible repose sur un balisage HTML simple et sémantique :
- des listes imbriquées <ul> / <li> pour représenter la hiérarchie des pages ;
- des liens <a> simples sans JavaScript ni interaction complexe ;
- deux à trois niveaux de profondeur maximum.
Au-delà, la lisibilité se dégrade pour tout le monde et les lecteurs d'écran peinent à restituer des imbrications trop profondes. Un plan du site n'a pas besoin d'être élaboré visuellement pour être efficace.
Titre, fil d'ariane et intégration dans la page
Le plan du site est une page à part entière. Elle doit disposer d'un titre explicite et unique présent dans la balise <title> et rappelé dans le <h1> visible.
Sur les sites multi-domaines, préciser le nom du domaine concerné évite toute ambiguïté pour les utilisateurs de technologies d'assistance. Un fil d'Ariane est recommandé pour permettre à l'utilisateur de situer la page dans l'architecture du site.
Enfin, le lien vers le plan du site doit figurer dans le footer de toutes les pages, et c'est une convention suffisamment partagée pour être attendue.
Les erreurs fréquentes
Quelques erreurs reviennent régulièrement, même sur des sites par ailleurs bien construits :
- des liens cassés pointant vers des pages 404 (le plan du site doit être maintenu au même titre que le reste du site) ;
- une hiérarchie absente rendant le plan illisible ;
- un plan du site sans lien entrant depuis le reste du site, invisible aussi bien des utilisateurs que des moteurs de recherche ;
- un titre trop générique sur un site multi-domaines, source de confusion pour les utilisateurs de technologies d'assistance.
Ce qu'il faut retenir
Un plan du site bien construit répond à un objectif simple : permettre à n'importe quel utilisateur de comprendre l'architecture d'un site et d'atteindre sa destination sans obstacles. C'est aussi l'un des moyens de navigation les plus faciles à mettre en place pour répondre au critère 12.1 du RGAA.
Sur le contenu
- Privilégiez la sélection à l'exhaustivité : 20 à 40 destinations claires et hiérarchisées sont plus utiles qu'un inventaire de plusieurs centaines de lignes.
- Incluez les pages structurantes, les pages utilitaires et les sections fonctionnelles clés.
- Excluez les pages sans contenu autonome et les contenus trop dynamiques, un lien vers la page liste suffit pour un blog ou une rubrique actualités.
Sur la construction
- Automatique ou manuelle, l'approche importe moins que le résultat.
- Un plan du site généré automatiquement doit être paramétré avec soin pour éviter l'exhaustivité.
- Un plan construit à la main doit être maintenu à jour à chaque évolution de l'architecture.
Sur l'intégration
Un plan du site inaccessible ne sert à rien. Il doit :
- figurer dans le footer, ou être accessibles sur toutes les pages ;
- disposer d'un titre de page explicite et unique ;
- être accessible aussi bien aux utilisateurs qu'aux moteurs de recherche.